Lobbying humaniste sur la question tamoule à l’ONU

Contexte : Dans cette rubrique sur la militance nous reproduisons, en général, un discours écrit ou vidéo, de Frederic Fappani von Lothringen. Discours tenu à Lancaster (Pennsylvanie, Etat-unis) le 1er Mai 2018, s ur la jeunesse Tamoul, suite à une opération de lobbying à l’ONU , Genève, qui a permis l’envoi d’une commission d’enquête au Sri Lanka.

« La jeunesse Tamoule à l’épreuve de l’Histoire »

2012 – Rencontre entre FFVL et un groupe Tamoul, lors d’un colloque à l’assemblée nationale française.

Depuis plusieurs années au sein de la fédération internationale de « Cercle National de Réflexion sur la Jeunesse » nous avons travaillé à lutter contre la stigmatisation de la jeunesse dans les nations.

Courant 2009-2010, le CNRJ a été saisi par le gouvernement tamoul en exil sur la question du génocide. Des membres du CNRJ ont alors travaillé sur les rapports ONU et ont proposés leurs analyses. Il ressortait clairement que le peuple tamoul et pour une grande part les enfants et les jeunes avaient été les victimes d’atrocités.

L’ONU a publié en avril 2011 un rapport qui a mis en lumière «des allégations crédibles» selon lesquelles les militaires sri-lankais et les rebelles tamouls se sont rendus coupables de violations des droits de l’homme qui pourraient relever de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.

Ainsi nous fumes parmi les premiers de la sphère internationale participer et à alerter sur cette montée de ce que ce nous nommons souvent dans nos écrits comme la part d’ombre de l’humanité au Sri Lanka, tournée contre la jeunesse.

Nous tenons à rappeler cependant que certains organismes sont présents depuis plus longtemps que nous sur cette question et en ont payé le prix fort.

Ainsi « le 4 août 2006, 17 travailleurs humanitaires d’Action contre la Faim étaient assassinés dans la ville de Muttur, au nord-est du Sri Lanka. Fusillées une par une, les victimes ont été exécutées sciemment. Ce massacre constitue (a notre avis), un crime de guerre selon le droit international humanitaire».

Le travail d’expertise :

Lors de nos travaux d’expertise nous avions été aussi touchés évidement par l’ampleur prise la place des enfants et de la jeunesse dans ce drame, mais aussi par le trauma que portent encore de nombreux enfants et jeunes tamouls dans le monde. Les maux post-génocides sont encore présents dans la jeunesse et sont encore mal évalués et évidement, bien souvent sous-évalués à ce stade.

Finalement sous la pression des ONG, les actions de lobbying en faveur des droits de l’Homme, et des enquêtes menées sous l’égide de l’ONU lors de la dernière session du Conseil des Droits de l’Homme en 2012, une résolution a été voté par la majorité des pays qui siège au CDH afin que le Sri Lanka applique les recommandations d’une commission d’investigation pour retrouver les coupables des ces crimes contre l’Humanité qui ont eu lieu en 2009.

Cependant rien n’est encore fait à cette date au Sri Lanka.

Actuellement les représentants du « Cercle National de Réflexion sur la Jeunesse » sur place au Sri Lanka nous parlent d’enlèvements systématiques de jeunes. La liberté d’expression y serait bafouée et des arrestations de journalistes et de juges auraient eu lieu encore récemment.

Vers une action de lobbying :

( Divers photos de présence lors des lobbyings à l’ONU de Genève et aussi de Vienne ).

Pour toutes ces raisons, a l’occasion du futur Conseil des Droits de l’Homme nous CNRJ avons décide de mener une action globale de lobbying.

Nous avons sollicité d’une part la bienveillance des pays membres du conseil ou non pour qu’ils se mobilisent et d’autre part nous demanderons a nos institutions, réseaux et membres, afin d’insister partout sur la nécessité urgente d’une Commission d’enquête indépendante sous l’égide de la Communauté internationale au Sri Lanka et inviter à soutenir toutes les mentions proposées en ce sens à l’occasion de la session du CDH.

 Le lobbying :

Ainsi nous avons tenu notre parole sur notre engagement, vis-à-vis de la « jeunesse tamoule » faite lors de notre colloque international de septembre.

De fin février à Mi-Mars 2013, nous avons alerté de nombreux gouvernements : ministres, Ambassades, et conseillers ministériels .

Nous avons demandés une «Commission d’enquête indépendante sous l’égide de la Communauté internationale au Sri Lanka et de soutenir toutes les mentions proposées en ce sens à l’occasion de la session du CDH».

Ainsi avons-nous préparé les échanges et le soutien a une éventuelle résolution allant dans le sens de la paix, de la recherche d’une certaine justice, et la mise en place d’une commission d’enquête.

Finalement le 22 mars 2013, lors de sa 22e session le conseil des droits de l’Homme (ONU Genève) a adopte une résolution : 25 pour, 13 contre et 8 abstentions.

Conclusion générale :

Au total c’est plus de trente pays que nous avions contactés, des échanges ont eu lieux avec plus de 60 ministres et conseillers et évidemment l’ensemble du réseau CNRJ s’était mobilisé dans le monde pour intervenir directement dans les pays concernés.

Nous sommes heureux de ce vote même si nous souhaitions encore plus, a savoir « une commission totalement indépendante » sur les événements.

L’ensemble des pays dont les abstentionnistes ont été contactés par le cabinet jeunesse de la Présidence du CNRJ, en particulier par Jérémy Delaplagne, à des fins de remerciement pour les « YES » et à des fins de rencontre en Ambassade pour les 13 « NO » et 8 « Abstentions ».

Nous suivrons évidemment pendant un an la mise place concrète des mesures imposées par le résultat de ce vote dont la commission d’enquête.

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