« FFVL en République Centrafricaine » 

« FFVL en République Centrafricaine »  : Interview par Fred Krock – Journaliste à l’Hirondelle de  Frédéric Fappani von Lothringen au titre de son mandat de président international de ONG CNRJ 

Le CNRJ (Cercles nationaux de Réflexion sur la Jeunesse est une organisation non gouvernementale internationale ayant son siège en France. Son président, Frédéric  FAPPANI VON LOTHRINGEN  est présentement en mission en république centrafricaine. Dans sa besace, un grand projet de création d’un département de Psychologie à l’université de Bangui. Dans cette interview exclusive, il replace sa deuxième visite en terre centrafricaine et précise l’enjeu de la création de ce nouveau département.

L’hirondelle (LHRD) : Monsieur le président, que peut-on retenir de l’ONG CNRJ ?

Frédéric  FAPPANI (FF) : le CNRJ est une ONG particulière qui se construit à partir des personnes des pays où elle s’implante, car habituellement, les ONG apportent leurs personnels avec elles et c’est l’inverse avec CNRJ. C’est ce qui fait l’originalité en la forme de notre ONG. En effet, nous sommes partis du constat qu’actuellement, l’humanité traverse une période douloureuse où elle est torturée et qu’elle recherche aujourd’hui à advenir en elle-même. Ainsi, de la philosophie qui nous anime nous avons estimé que dans les pays où il y a la guerre ou les souffrances humaines nous ne voyons pas simplement le triomphe du mal ; mais nous pensons qu’il ya de manière sous-jacente le bien qui n’attend qu’a se réveiller pour décoller. Cependant ; CNRJ ne s’implante dans un pays qu’à la demande de ces pays et c’est cela qui fait notre force. Mais ce qui fait aussi notre faiblesse, c’est que CNRJ ne repose pas sur les gros moyens financiers et matériels mais sur l’économie locale. Ce qui explique que dans certains pays, les structures sont plus développées que dans d’autres. Enfin, CNRJ est déjà implantés dans 24 pays au monde.

LHRD : Vous avez déjà effectué une première visite en République centrafricaine…

FF : La première visite que nous avons effectuée en RCA était celle de repérage. Nous étions venu avec une ONG humanitaire dans notre bagage, qui a pu faire de l’assistance médicale ; toutefois, il faut dire que le domaine de l’humanitaire ne relève pas de notre compétence. Lors de cette première visite, nous avons procédé à l’installation de l’équipe de CNRJ-RCA. Seulement cette équipe a eu de la peine à se structurer et à développer. Je sais ainsi que le modèle de développement de l’ONG CNRJ n’est pas aussi facile à comprendre dans un contexte centrafricain. Les gens sont déjà habitués à dire que les ONG doivent apporter les gros moyens pour mettre à leur disposition ; ce qui n’est nullement le cas, nous avons quelques idées et nous sommes venus aider les centrafricains à naitre, à renaitre.

LHRD : Et quel est le but de votre deuxième visite ?

 FF : l’objet de cette deuxième visite, c’est qu’elle s’inscrit dans la suite logique de la première, puisque nous avions eu à visiter les sites de déplacées internes de Fatima et de la Mosquée centrale où nous avions pu voir certaines souffrances et étant donné que je suis formé aux approches de la psychologie. Pour moi, il était clair qu’il y avait la souffrance de l’âme centrafricaine. Aussi, il m’a  été donné de constater qu’il n’y avait pas de psychologue de manière académique. Donc je suis venu voir avec les autorités académiques et politiques centrafricaines pour voir ce qui est faisable en termes de construction d’un projet d’ouverture d’un département de psychologie à l’Université de Bangui. Ainsi, j’ai déjà rencontré le Recteur de l’université de Bangui. Ce qui m’a impressionné, c’est que lorsque je suis rentré dans son bureau, je n’ai pas encore dit un mot, ne fut-ce que me présenter mais il m’a dit «  il y a deux jours, je réfléchissais sur ce qu’il faut faire sur la psychologie en Centrafrique. Vous êtes venus me voir à ce sujet j’espère ? » Et je lui ai répondu que Oui, c’est le but de ma visite.

En résumé, nous sommes là pour la mise en place définitive de CNRJ en Centrafrique, histoire de bien expliquer à notre équipe sur place la philosophie de l’ONG que ceux qui veulent  l’argent tout de suite ou de gros moyens tout de suite, n’ont pas leur place au CNRJ ; par contre ceux qui sont là pour œuvrer pour la République Centrafricaine et qui ont cru que c’est avec des moyens centrafricains que cela est faisable, ils sont les bienvenus. Et l’ouverture du département de psychologie à l’université de Bangui, nous y sommes entrain de mobiliser la partie institutionnelle à travers les contacts nécessaires avec les autorités. D’un autre coté, nous sommes en train de mobiliser les docteurs en psychologie du CNRJ, à travers le monde et nous avons déjà des professeurs psychologues indiens du CNRJ qui ont manifesté leur disponibilité. Etant donné que mon Conseiller sur les questions Centrafricaines, M Maurice Guimendego est aussi docteur en Histoire, on va profiter de cette compétence pour faire d’une pierre deux coups. En outre de l’ouverture du Département de psychologie, il y aura d’autres formations professionnelles au niveau de l’Ecole Normale Supérieur (ENS) où les éducateurs psychologues de rues seront formés dans les prochains mois. Ces formations professionnelles seront ensuite suivies de déploiement rapidement de ces professionnels dans les rues de la capitale.

LHRD : Et quel est l’état d’avancement des démarches pour l’ouverture de ce Département de Psychologie ?

 FF : Déjà nous avons rencontré beaucoup de personnalités à qui nous avons expliqué le but de notre présence en Centrafrique. Un premier contact au niveau de l’ambassade de France à Bangui qui devra permettre une certaine mobilité des enseignants, en payant par exemple certains billets d’avion, les visas pour la circulation des futurs Docteurs de psychologie, de même les bourses pour les étudiants. Rendez-vous est déjà pris avec le Conseiller du Ministre de l’Education pour ficeler le cadre de la collaboration institutionnelle. Nous avons également rencontré le recteur de l’université de Bangui comme je vous l’ai dit tout à l’heure avec qui on est suffisamment avancé bien avant même les autres personnalités. Nous avons aussi pu rencontrer les étudiants de la faculté des Lettres et sciences humaines, suivi des étudiants de l’ENS où des échanges ont été très fructueux sur l’ambition de la création de ce département de psychologie.

 LHRD : A quand le lancement officiel de ce nouveau département ?

 FF : L’ouverture officielle de ce nouveau département dépendra des autorités académiques centrafricaines notamment le Recteur et les responsables du ministère de l’Education. Mais je pense que raisonnablement, cela pourrait être effectif d’ici le mois de septembre prochain.

LHRD : Avez-vous un dernier message.

 FF : La république centrafricaine est blessée dans son cœur. Beaucoup d’individu sont meurtris. Mais en même temps, les centrafricains ont beaucoup de force et d’énergie et ont un amour inconsidéré des autres. Je crois que le temps est plus que jamais venu pour qu’ils puissent s’ouvrir et de chasser en eux la peur d’avancer. Qu’ils arrêtent de croire à cette petite voix qui leur dit «  ne croit rien, ne fait rien ; attends encore un peu ; tout doit venir du gouvernement ou des autres… » Je crois que les centrafricains doivent désormais écouter ce qui est dit par leur cœur, de bouger, de vivre. Ils doivent également avoir le courage de croire en eux-mêmes, qu’ils sortent de leur cabossage et de rejoindre l’Humanité en marche.

 LHRD : Monsieur Frédéric FAPPANI, je vous remercie.

Réalisée par Fred KROCK

 

 

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