Plaidoyer pour que l’enfant Karama rejoigne ses parents en France.

Un enfant nommé Karama a été adopté par un couple franco-djiboutien, Monsieur et Madame Lagasse, habitant à Metz, Lorraine en 2016.

Normalement, un enfant adopté sous la forme plénière par un Français est français par filiation. Il est donc considéré comme français dès sa naissance et n’a pas à réclamer cette qualité.

Bien que l’enfant issu d’une adoption faite par un Français soit reconnu habituellement comme français, l’enfant ici ne bénéficie pas de ce statut actuellement, car il a été adopté à Djibouti et que l’administration française sur place ne reconnaît pas cet acte.

Plus encore, l’administration française pense même qu’il existe des « doutes substantiels quant au respect des conditions essentielles garantissant l’adoptabilité de l’enfant ».

A tel point que la famille a demandé sur place au tribunal civil de Djibouti, le 3 avril 2018, d’indiquer qu’il avait expressément accordé l’adoption plénière.  Ce que le tribunal a fait.

Cependant, côté Ambassade de France, depuis cette date, rien n’a bougé.

Pour le moment, l’enfant ne bénéficie pas n’ont plus des droits à un visa d’entrée sur le territoire français. Depuis maintenant deux ans, l’enfant est donc bloqué et est placé dans un orphelinat.

Les parents ont même demandé une décision d’un tribunal de Metz (France) à rendre exécutoire sur le territoire national cette sentence arbitrale d’adoption faites à Djibouti.

Malheureusement, après avoir fixé la date au 22 novembre 2018, le tribunal a repoussé la date au 22 janvier 2019.

La situation est donc toujours bloquée sur place. Les parents doivent attendre d’autant que même avec cet acte que l’on nomme un exequatur, l’ambassade peut toujours bloquer.

Il y a eu très peu de réaction médiatique et beaucoup de mouvement en Corse, car justement une association dynamique (C2ARI)  avait dénoncé un scandal de racisme institutionnel sur les adoptions en France.

Agnès Rogliano-Desideri, Présidente de C2ARI ( Bastia – Septembre 2017 )

Ce scandale de racisme a été très largement étouffé et a vu la création le 31 mars 2017 du Collectif corse pour l’Adoption sans Racisme institutionnel (C2ARI). Le canard enchaîné a néanmoins relayé l’affaire.

Néanmoins ce réseau sensible aux questions d’adoption s’est mobilisé aussi sur l’ affaire Karama, même si là il n’est pas question de racisme.

En Corse, l’assemblée corse est même allée le 27 avril 2018, jusqu’à voter, à l’unanimité, une motion concernant l’adoption de Karama.

J’ai été sollicité par la Famille Lagasse et je suis cette affaire donc depuis plus d’un an.

Elle connaît mes engagements sur les questions jeunesse et mon implication sur les droits de l’Homme à l’ONU en particulier pour les enfants et les jeunes

J’ai essayé, vous vous en doutez, d’utiliser mes relations et mes réseaux pour faire avancer les choses, pour le moment sans effet, dans le cadre d’un lobbying humaniste respectueux des gens et des lois.

Aujourd’hui, je pense, qu’il y a urgence et intérêt supérieur de l’enfant à ce que l’administration française réagisse rapidement pour apporter un soutien matériel à Karama dont la forte potentialité à être français, s’il ne l’est déjà de facto, doit arriver vite.

Je pense aussi qu’à minima, il doit pouvoir bénéficier d’une assistance comme chaque Français, qui doit lui être délégué par l’ambassade ou évidemment de permettre aux parents de la prendre en charge en France.

La situation matérielle et affective de cet enfant qui ne peut rejoindre ces parents et qui vit dans un orphelinat est dans des conditions matérielles précaires.

J’en appelle à Monsieur l’Ambassadeur de France à Djibouti, de faire activer les choses.

J’en appelle à Monsieur le Doyen des juges du tribunal de Metz à être vigilant sur l’instruction réelle de la requête dans des temps humainement supportables, au vu de l’Âge et des conditions de vie de l’enfant.

J’en appelle à tous hommes ou femmes ayant la capacité politique, administrative et/ou morale de débloquer cette situation terrible pour tous et à intervenir et/ou faire intervenir au plus vite.

J’invite les membres de l’ONG CNRJ que je préside, pouvant apporter un soutien concret à se signaler auprès de moi.

Finalement, last but not least, je lance aussi un message à l’ensemble de ceux qui le peuvent, à faire connaître cette affaire sur les réseaux, à soutenir l’ONG CNRJ ( www.cnrj.org )  et à signer la pétition mise en place par  le Collectif Corse pour l’Adoption sans Racisme Institutionnel dit « C2ARI » ( https://chn.ge/2zi7VRC )

Merci à tous … faisons que l’enfant Karama rejoigne ses parents !

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